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Pérégrinations au Musée de la communication

*texte écrit pour une communication orale*

Ecrire prend du temps. Ecrire un article qui est publié encore plus. C’est pourquoi j’ai toujours un longueur de retard (!) sur la publication de petits textes que j’ai écrit, rapidement, régulièrement.

Je fais un retour dans le passé. Impossible de ne pas se souvenir de dizaines de belles histoires et rencontres entre les mois de mars et avril 2021, alors que le Coronavirus tuait des milliers de personnes dans le monde. Des moments difficiles et beaux en même temps. Nous, en Suisse, on avait le droit d’aller au musée. Faut dire qu’au Musée de la communication, on était content et qu’on faisait au mieux (hygiène, comptage, distance, règles, …) pour contenir le virus derrière les masques et ouvrir nos expositions. 

Immersion.

Avril 2021. La plus grande partie des visiteurs est très consciente des dangers et respecte les règles de distance covid-19. Le syndrome du masque reste « le masque sous le nez », encore très répandu. Et les personnes ne portant pas de masque sont celles avec une attestation médicale et… un certain âge. A croire qu’ils sont vaccinés, ou qu’ils veulent attraper le virus. 

Il est génial de pouvoir (à nouveau) discuter et échanger avec les gens. Nous avons parlé des connaissances qui vivent à l’étranger, et chaque personne pouvait, avec un autocollant, coller une étiquette sur une carte du monde fait main par nos soins. On a parlé de la tante du Canada, des amis éleveurs de chiens, des grands-parents, des amis en Inde, de la famille en Algérie. Et des moyens de communication pour être en contact avec eux. 

Et suite à une expérience très riche, vécue il y a bientôt trois ans en chaise roulante dans l’exposition, j’ai décidé cette semaine de réitérer l’aventure. Je me suis donc assis dans la chaise et ai utilisé mes bras plutôt que mes jambes pour bouger dans l’exposition. J’ai découvert l’exposition SUPER (qui ferme en juillet 2022!) sous un autre angle, plus bas, prêtant attention aux petits détails que je ne pouvais que voir depuis ma chaise, mais aussi à tout ce que je voyais mieux et qui changeait mon expérience muséale.

J’ai dit bonjour à plusieurs familles avec enfants, fait des tours dans le musée, puis vers 16 heures, je me suis levé et ai rangé la chaise. Et là, je recroise une famille, et je découvre des gros yeux d’enfants tous étonnés. Le papa s’avance et me dit que ses enfants se demandent comment c’est possible d’être sur une chaise, puis de ne plus l’être par la suite. J’explique alors mon expérience, tel un secret d’importance étatique, puis nous discutons des perceptions des gens qui me regardent dans la chaise, qui communiquent avec moi.

Est-ce que les enfants pensent que les gens communiquent différemment avec moi si je suis dans une chaise ? Est-ce que l’on me regarde autrement? Est-ce que c’est normal? Pourquoi a-t-on une autre perception? Pourquoi est-ce “différent”? Qu’est-ce que ça change? Le garçon alors me dit que peut-être on est un peu triste quand on voit une personne dans une chaise roulante. De la pitié. S’enchaîne donc toute une discussion passionnante, car les filles trouvent, elles, que cela ne change rien et ne devrait rien changer. Là papa essaie alors la chaise, sa fille aussi, après maintes hésitations et grand respect. Et c’est là que cette expérience est importante, il faut respecter un tel objet et ne pas jouer avec, car pour certaines personnes, c’est un moyen de survie et ce serait un manque de respect de jouer avec une chaise roulante que d’aucuns doivent utiliser toute la vie. 

De beaux échanges, des discussions de coeur, passionnantes, Je finis ma journée heureux de cette expérience avec les visiteurs du Musée de la communication.

Posted in Histoires

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